En France, la fin du XIXème siècle marque un tournant dans le développement de la scolarisation et des apprentissages suite aux lois Ferry imposant une scolarité obligatoire, gratuite et laïque. L’accroissement démographique et le développement industriel du pays créent de nouveaux besoins en formation auxquels répond la création de l’enseignement technique public. Ainsi, dans les années 1880, des écoles apparaissent afin de former les étudiants aux nouveaux métiers liés à la mécanique, au textile ou à l’électricité.
Dans ce contexte, Limoges voit sa population tripler et les besoins éducatifs deviennent une priorité pour la formation de futurs ingénieurs et techniciens sur le territoire limousin.
Le plan présenté est l’œuvre de l’architecte Jules-Alexandre Godefroy (1863-1928), fils de l’architecte Louis-Alexandre Godefroy, nommé Directeur des travaux de la ville de Limoges de 1872 à 1875.
Il s’agit de la façade principale de l’École Pratique de Commerce et d’Industrie située rue Paul Dérignac.
Ce projet initié sous l’égide de François Chénieux, Maire de Limoges de 1906 à 1910, répond parfaitement aux nouveaux enjeux éducatifs dont celui d’agrandir l’École Pratique de Commerce et d’Industrie située rue Manigne. Le terrain choisi pour l’édification du nouvel établissement se trouve à l’angle de la rue Saint-Éloi et de la rue Paul Dérignac. Les plans sont approuvés en 1908 et la construction de l’établissement débute le 26 août 1912 avec la pose de la première pierre par le nouveau Maire Léon Betoulle.
Cependant la Guerre de 1914-1918 interrompt les travaux. Le bâtiment, dont le gros oeuvre est achevé, sert d’hôpital militaire jusqu’à sa dégradation qui alimente un long contentieux entre la municipalité DCA – Archives municipales : site internet, rubrique « Document du mois » et le Ministère de la Guerre. Puis, la situation se stabilise et les travaux reprennent en 1928. Le 1er octobre 1932, les élèves quittent la rue Manigne pour venir s’installer rue Paul Dérignac. En 1933, l’École Pratique de Commerce et d’Industrie est renommée « École Nationale Professionnelle », lui conférant un attrait supplémentaire. Attirant de plus en plus d’élèves, un internat est conçu par l’architecte Michel Roux-Spitz (1888-1957) entre 1933 et 1938. Ce nouveau bâtiment est édifié sur un terrain situé de l’autre côté de la rue Paul Dérignac. Un souterrain relie les deux bâtiments.
Cet édifice, dont un des intérêts majeurs est la monumentale porte d’entrée de fer et de bronze ouvragés, a gardé sa fonction première d’établissement d’enseignement technique. En 1960, il devient Lycée Technique d’État avant de prendre le nom de Lycée Turgot en 1963, dénomination qu’il porte encore aujourd’hui.
On doit également à Jules-Alexandre Godefroy la construction de la Préfecture de la Haute-Vienne dans les années 1900-1904 ainsi que la réalisation de la poste centrale entre 1909 et 1911.
